Hip Hop Mouvement et Résistance, accueil

Manifeste de la communauté Hip-Hop

contre la montée des idées racistes et xénophobes, et le danger de l'accession du RN au pouvoir en France

Manifesto of the Hip-Hop community

against the rise of racist and xenophobic ideas, and the danger of the RN, France's far-right party, coming to power

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« Qui prétend faire du rap sans prendre position ? »

Calbo (Arsenik)

“Who claims to rap without taking a stand?”

Calbo (Arsenik)

Le manifeste

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Manifeste de la communauté Hip-Hop contre la montée des idées racistes et xénophobes, et le danger de l'accession du RN au pouvoir en France

Introduction

Nous, artistes, activistes, amatrices et amateurs, passionné·es de culture Hip-Hop. Nous venons de partout : des grandes villes comme des campagnes, des quartiers populaires, des Outre-mer comme des zones rurales. Nous sommes de toutes origines, de toutes confessions ou d'aucune, hommes, femmes, quelle que soit notre orientation, et nous vivons toutes et tous sur le territoire français. Notre culture s'est construite sur le rassemblement, le partage et la tolérance, en accord avec les valeurs de la République, jamais sur l'exclusion. Notre humanisme est notre identité et notre force. Il devient urgent de mettre cette force au service du combat contre l'idéologie raciste qui gangrène notre société. Ce combat, nous le menons contre toutes les formes de racisme et de discrimination, d'où qu'elles viennent.

« Qui prétend faire du rap sans prendre position ? »Calbo (Arsenik)

I. Histoire

Il faut rappeler à ceux qui l'ont oublié l'histoire de ce pays. Pendant plus de quatre siècles, la France a colonisé l'Afrique du Nord, l'Afrique subsaharienne, les Antilles et l'Indochine, y puisant des ressources, des richesses et des hommes, notamment pour ses guerres. À ceux qui parlent aujourd'hui de « grand remplacement », il faut opposer les faits : il n'y a ni complot ni substitution, mais le résultat logique et assumé de choix politiques et économiques faits par la France coloniale. Nier cette histoire, c'est nier la réalité de l'histoire de France. Pendant les Trente Glorieuses, la France a fait appel massivement à l'immigration pour faire tourner ses usines et bâtir sa prospérité industrielle. Pour loger ces travailleurs venus notamment du Maghreb, d'Afrique subsaharienne, du Portugal ou d'Italie, l'État a construit les grands ensembles, ces cités souvent érigées à la hâte, à côté des usines qui avaient besoin de leurs bras. Cette histoire a façonné le visage de la France d'aujourd'hui : nos villes, nos quartiers, nos populations sont le fruit direct de ces choix politiques et économiques. C'est dans ces mêmes cités, nées de cette histoire, qu'est née la culture Hip-Hop française, portée en grande partie par les enfants de cette immigration. Nous ne sommes pas un accident de l'histoire de France, nous en sommes une conséquence directe et assumée.

« Nous ne pouvons laisser à nos seuls ennemis d'hier et d'aujourd'hui le monopole de la pensée, de l'imagination et de la créativité ! »Thomas Sankara

II. Contexte

Nous vivons au soi-disant « pays des droits de l'Homme », où des lois sont censées nous protéger et sanctionner tout acte et tout propos raciste. Pourtant, une partie de la classe politique a repris à son compte le discours de l'extrême droite, contribuant largement à banaliser les idées racistes et xénophobes à travers toute la société. Les médias n'y échappent pas : il est intolérable qu'il existe aujourd'hui en France des médias (chaînes TV, radios, journaux, magazines…) consacrés à la propagande raciste.

Ce travail de banalisation de la pensée raciste ne doit rien au hasard : il est aussi le fruit d'une stratégie médiatique assumée. Depuis que Vincent Bolloré a décidé de mettre ses entreprises (médias et maisons d'édition notamment) au service de son projet politique réactionnaire, sa chaîne CNews a offert une tribune quotidienne à des figures d'extrême droite, au point que le régulateur de l'audiovisuel (l'Arcom) a été sommé par le Conseil d'État de renforcer son contrôle sur son pluralisme. Ce n'est pas un cas isolé : c'est l'ensemble du champ médiatique qui doit être questionné. Le magazine Frontières affiche une ligne ouvertement identitaire, et son entrée récente dans le giron du groupe Bolloré illustre la concentration croissante de ces médias entre les mêmes mains. Valeurs Actuelles, plusieurs fois condamné en justice pour racisme, a vu sa ligne se radicaliser au fil des années. Même Marianne, historiquement classé à gauche, entretient aujourd'hui une ambiguïté sur certains sujets qui interroge une partie de ses propres lecteurs. Jusqu'au service public : la décision de la direction de Radio France d'intégrer Charles Sapin, cadre de Valeurs Actuelles, comme chroniqueur sur France Inter a provoqué une grève des salariés, dénonçant une rupture du cordon sanitaire qui protégeait jusque-là l'audiovisuel public de l'extrême droite. Quand les médias, et les chaînes d'information en continu en particulier, deviennent des machines de propagande, ce n'est plus la liberté d'expression qui est en jeu, mais la fabrique du consentement à la haine.

La police, la gendarmerie et d'autres corps de métier de l'État sont eux aussi gangrenés par un racisme rampant. Cette réalité a des noms et des visages. Adama Traoré, mort en 2016 après son interpellation à Beaumont-sur-Oise. Théo Luhaka, gravement blessé lors d'un contrôle en 2017. Nahel Merzouk, 17 ans, tué d'un tir à bout portant lors d'un contrôle routier à Nanterre en 2023. Ces noms ne sont pas des exceptions isolées : plusieurs études et rapports, notamment ceux du Défenseur des droits, pointent une probabilité bien plus élevée pour les jeunes hommes perçus comme noirs ou arabes d'être contrôlés au faciès, et les violences dans les quartiers populaires et en marge des manifestations sont documentées par des journalistes, des associations et des instances de contrôle. Ce racisme n'est pas qu'une affaire de terrain : en 2020, l'enquête du média StreetPress a révélé des groupes Facebook privés réunissant des milliers de policiers et de gendarmes, où circulaient en toute impunité messages racistes et appels à la haine. Ce n'est pas un problème de « quelques brebis galeuses », mais un racisme structurel qui traverse l'institution.

Comment un service public peut-il être correctement rendu à la population si des fonctionnaires travaillent avec cette idée qu'un bon Français doit être blanc, hétéro et catholique ? Combien de violences policières allons-nous encore laisser passer sans nous lever, sans nous unir ? Combien encore de discriminations, d'humiliations ? Combien de propos racistes tenus par des politiques, des représentants des forces de l'ordre, des personnalités ou de simples citoyens devront encore rester impunis ? Encore combien de morts ?

III. Quel contre-pouvoir ?

Dans toutes les villes où des maires RN sont aux commandes, la culture est maltraitée, spectacles et concerts sont annulés sous prétexte qu'ils ne seraient pas assez français. Imaginons les dégâts que ce parti causerait à l'échelle du pays s'il accédait au pouvoir. Les artistes Hip-Hop, les acteurs associatifs et les collectivités territoriales qui s'engagent dans les cultures urbaines seront en première ligne quand il s'agira de supprimer ou de couper les subventions, d'annuler des concerts ou d'interdire des événements : nous serons parmi les premiers à subir la censure du RN.

Notre arme, c'est notre art, nos voix, nos stylos, nos corps, nos bombes de peinture. Face à la montée du racisme, face à l'intolérance, face à l'injustice et à ces attaques, nous ne pouvons plus rester silencieux. Il est temps d'engager le rapport de force. Il est temps que nous, activistes et amateurs de culture Hip-Hop, combattions frontalement cette idéologie avec nos armes et à travers notre culture.

Ces élections présidentielles de 2027 sont l'occasion pour le mouvement Hip-Hop de se rassembler, de réunir les pratiquants de chaque discipline autour d'un but commun : redonner un rôle social et politique au Hip-Hop. Au-delà des élections, notre mouvement a l'occasion soit de continuer à écrire son histoire, soit, au contraire, de s'enfermer dans une absence de réaction face aux urgences du pays. Le mouvement Hip-Hop français, comme la France, est à un tournant de son histoire.

« Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. »Frantz Fanon

IV. Nos combats

Le Hip-Hop a toujours eu cette fonction sociale de transmettre et d'accompagner la jeunesse, à travers la pratique de ses disciplines, mais également par l'éducation et la transmission de valeurs : « Each One, Teach One ». C'est pourquoi le collectif apporte son soutien à tous les mouvements sociaux et collectifs en lutte à travers le monde, en particulier à la jeunesse, dont le mouvement lycéen en France redonne l'espoir de lutter. Notre volonté, plus que jamais, est d'accompagner la jeunesse dans ses revendications et de lui apporter tout le soutien nécessaire à son émancipation.

Le collectif lutte aussi aux côtés des femmes, des minorités de genre et des personnes LGBTQ+ qui manifestent pour leurs droits et contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels. Nous condamnons toutes ces violences, quels que soient ceux qui les exercent, y compris au sein de notre propre mouvement. Car nous ne fermons pas les yeux : la misogynie existe aussi dans le Hip-Hop, et la combattre fait partie de notre responsabilité. Les femmes ont été là dès les origines : danseuses, DJ, graffeuses, MC, et c'est aussi grâce à elles que ce mouvement s'est construit.

Nous inscrivons aussi ce combat dans le contexte d'une société qui stigmatise le Hip-Hop et le réduit à la misogynie. L'industrie du rap, une grande partie des productions, des plateformes et des médias mainstream préfèrent mettre en lumière des messages rétrogrades, sexistes et consuméristes, entraînant ainsi une partie de la jeunesse dans des logiques autodestructrices : l'argent facile, la violence, le mépris de soi et des autres. Pendant ce temps, les artistes porteurs de messages et de valeurs qui pourraient aider à soigner notre société malade restent dans l'ombre.

Le Hip-Hop a toujours été un mouvement fédérateur, avant-gardiste, humaniste et spirituel, au sens où il donne souvent un sens à la vie de celles et ceux qui le pratiquent. Il a permis d'élever les consciences, de rassembler les hommes et les femmes, et de transcender les différences de classe, de couleur et de croyance. Le Hip-Hop sauve des vies tous les jours.

Nous sommes à un moment historique de l'humanité. Ce que nous traversons dépasse les frontières françaises : les menaces sont partout. Le racisme et la xénophobie ont conquis des territoires et des cœurs partout dans le monde, des États-Unis à l'Italie ou, plus récemment, à l'Allemagne. Nous sommes solidaires de celles et ceux qui continuent à s'y opposer malgré la répression. Ainsi, partout dans le monde et en particulier en France, l'extrême droite s'organise vite : nous devons en faire de même, car notre cause est juste, et pour cela nous vaincrons. « Oser lutter, savoir vaincre. »

Nous sommes un concentré de toutes les luttes d'émancipation d'hier et d'aujourd'hui : de la jeunesse des quartiers de France aux habitants des Outre-mer, en passant par les agriculteurs, les habitants des zones rurales, les enfants de Gaza, les minorités, ou les femmes qui continuent de lutter pour leurs droits, ici et ailleurs.

« Le monde de demain, quoi qu'il advienne nous appartient, la puissance est entre nos mains, alors écoute ce refrain… »Kool Shen (NTM)

V. Résolutions

Une partie essentielle du combat se joue aussi dans les urnes. En 2027, l'élection présidentielle puis les élections législatives qui suivront seront décisives. Voter n'est pas seulement un droit, c'est une responsabilité. Nous voterons pour nous, mais aussi pour celles et ceux qui ne le peuvent pas : les étrangers qui vivent, travaillent et paient leurs impôts ici sans avoir le droit de vote, et les personnes privées de leurs droits civiques. Nous voterons pour nos parents, qui ont bâti ce pays, et pour nos enfants, qui en hériteront. Nous devons pousser les membres de nos familles et de notre entourage à voter, et leur faire comprendre l'utilité de ce geste. Les dernières élections municipales ont montré à quel point nous représentons une force primordiale, quand de nombreux maires issus des quartiers populaires, engagés localement, ont été élus sous la bannière de listes citoyennes.

À ce propos, nous refusons l'instrumentalisation et la récupération du mouvement Hip-Hop par quelque parti politique que ce soit. Aux partis qui se revendiquent de gauche ou de la lutte pour la justice sociale, nous demandons un engagement réel, dans les mots comme dans les actes, notamment avec une reconnaissance institutionnelle et politique de la culture Hip-Hop, un soutien fort à ses acteurs et à la pratique de ses différentes disciplines, et aux artistes aux valeurs humanistes qui font la grandeur de cette culture et qui diffusent, à travers leurs créations, des images positives et progressistes. Nous leur demandons également la reconnaissance de l'histoire coloniale et post-coloniale de la France. En parallèle, nous demandons un engagement fort en faveur des quartiers et de leurs populations dans tous les secteurs où il y a urgence : éducation, logement, accès aux services publics, sécurité, culture ; un engagement à construire avec les acteurs locaux que sont les associations, les collectifs et les habitants.

Pour autant, notre combat ne s'arrête ni au vote ni aux seules élections de 2027. À moyen et long terme, notre ambition est de bâtir un collectif incontournable d'acteurs du mouvement Hip-Hop, capable de peser dans le débat national et de s'imposer comme une force au service de notre culture et de ses valeurs humanistes et progressistes.

Nous demandons que toutes les structures et personnes qui se revendiquent du Hip-Hop et qui tiennent des écoles de danse, organisent des événements, concerts, battles de rap et de danse, sessions graffiti ou autres, prennent à leur compte ce combat, organisent dans leur quotidien et dans leurs événements des sensibilisations et des débats sur l'importance de cette lutte, et favorisent la création ou la diffusion d'œuvres en résonance avec ce combat historique.

Nous demandons à tous les médias (radio, web, réseaux sociaux, journaux) dits Hip-Hop de relayer, d'informer et d'organiser la lutte contre le racisme. Toute contribution compte : tout soutien d'artistes, qu'ils soient de la nouvelle ou de l'ancienne école, est indispensable pour combattre le RN et tous les groupes identitaires et racistes qui propagent ces idées rétrogrades et ultraviolentes. Nous sommes une culture unique dont la spécificité est son impact social et sa capacité à émanciper les habitants des quartiers populaires : nous devons imaginer de nouvelles formes de mobilisation et de diffusion pour mener cette lutte partout dans le pays, et créer des relais dans toutes les régions de France et d'Outre-mer.

Conclusion

Nous sommes une force, nous représentons le Hip-Hop français, nous représentons la France. DJ, B-girls, B-boys, graffeurs, beatboxeurs, rappeurs, rappeuses, danseurs, danseuses, activistes, journalistes, artistes, cinéastes, photographes, producteurs, le temps est venu de nous unir à nouveau, de mettre de côté les egos, les différends qui nous ont opposés ou qui nous opposent, et d'avancer ensemble pour faire entendre nos voix et « oser inventer l'avenir ».

Multiplions les rassemblements, les événements et les créations, mobilisons-nous par tous les moyens nécessaires pour faire résonner nos voix jusque dans les cœurs de ceux dont les idées sont corrompues par la peur, l'ignorance et la haine…

Peace, Love & Unity

Peace, Love & Unity

The manifesto

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Translated from the original French. The French version is the reference text.

Manifesto of the Hip-Hop community against the rise of racist and xenophobic ideas, and the danger of the RN, France's far-right party, coming to power

Introduction

We, artists, activists, amateurs and lovers of hip-hop culture. We come from everywhere: from big cities and the countryside, from working-class neighbourhoods, from the overseas territories and rural areas. We are of every origin, of every faith or none, men, women, whatever our orientation, and we all live on French soil. Our culture was built on gathering, sharing and tolerance, in keeping with the values of the Republic, never on exclusion. Our humanism is our identity and our strength. It has become urgent to put this strength to work in the fight against the racist ideology that is eating away at our society. We wage this fight against all forms of racism and discrimination, wherever they come from.

“Who claims to make rap without taking a stand?”Calbo (Arsenik)

I. History

Those who have forgotten must be reminded of this country's history. For more than four centuries, France colonised North Africa, sub-Saharan Africa, the Caribbean and Indochina, drawing resources, wealth and people from them, notably for its wars. To those who today speak of a “great replacement”, we must oppose the facts: there is no conspiracy and no substitution, only the logical and deliberate result of political and economic choices made by colonial France. To deny this history is to deny the reality of French history.

During the post-war boom, France relied massively on immigration to run its factories and build its industrial prosperity. To house these workers, who came notably from the Maghreb, sub-Saharan Africa, Portugal and Italy, the State built large housing estates, often put up in haste next to the factories that needed their labour. This history shaped the face of today's France: our cities, our neighbourhoods and our populations are the direct result of these political and economic choices. It was in these very estates, born of this history, that French hip-hop culture was born, carried largely by the children of this immigration. We are not an accident of French history; we are its direct and acknowledged consequence.

“We cannot leave to our enemies of yesterday and today the monopoly of thought, imagination and creativity!”Thomas Sankara

II. Context

We live in the so-called “land of human rights”, where laws are supposed to protect us and punish every racist act and every racist remark. Yet part of the political class has taken up the discourse of the far right, contributing heavily to normalising racist and xenophobic ideas throughout society. The media are no exception: it is intolerable that there are media in France today (TV channels, radio, newspapers, magazines…) devoted to racist propaganda.

This normalisation of racist thinking is no accident: it is also the product of a deliberate media strategy. Ever since Vincent Bolloré decided to put his companies (media outlets and publishing houses in particular) at the service of his reactionary political project, his channel CNews has given far-right figures a daily platform, to the point that the Conseil d'État ordered the broadcasting regulator (Arcom) to tighten its oversight of the channel's pluralism. This is not an isolated case: the whole media landscape must be questioned. The magazine Frontières openly displays an identitarian line, and its recent move into the Bolloré group illustrates the growing concentration of these media in the same hands. Valeurs Actuelles, convicted several times for racism, has seen its line radicalise over the years. Even Marianne, historically on the left, now maintains an ambiguity on certain subjects that troubles some of its own readers. Even public broadcasting: Radio France management's decision to bring in Charles Sapin, an editor at Valeurs Actuelles, as a columnist on France Inter provoked a staff strike denouncing a breach of the cordon sanitaire that had until then protected public broadcasting from the far right. When the media, and 24-hour news channels in particular, become propaganda machines, what is at stake is no longer freedom of expression, but the manufacturing of consent to hatred.

The police, the gendarmerie and other State services are also riddled with creeping racism. This reality has names and faces. Adama Traoré, who died in 2016 after his arrest in Beaumont-sur-Oise. Théo Luhaka, seriously injured during a stop in 2017. Nahel Merzouk, 17, shot dead at point-blank range during a traffic stop in Nanterre in 2023. These names are not isolated exceptions: several studies and reports, notably those of the Défenseur des droits (France's rights ombudsman), show that young men perceived as Black or Arab are far more likely to be subjected to racial profiling, and violence in working-class neighbourhoods and at demonstrations is documented by journalists, associations and oversight bodies. This racism is not only a matter for the street: in 2020, an investigation by the media outlet StreetPress exposed private Facebook groups bringing together thousands of police officers and gendarmes, where racist messages and calls to hatred circulated with complete impunity. This is not a problem of “a few bad apples”, but a structural racism that runs through the institution.

How can a public service be properly delivered to the population if civil servants work with the idea that a good French person must be white, straight and Catholic? How much more police violence will we let pass without rising up, without uniting? How much more discrimination, how many more humiliations? How many more racist remarks by politicians, law enforcement officers, public figures or ordinary citizens will go unpunished? How many more deaths?

III. What counter-power?

In every town where RN mayors are in charge, culture is mistreated, shows and concerts are cancelled on the pretext that they are not French enough. Imagine the damage this party would do across the whole country if it came to power. Hip-hop artists, associations and local authorities committed to urban cultures will be on the front line when it comes to cutting or removing funding, cancelling concerts or banning events: we will be among the first to suffer the RN's censorship.

Our weapon is our art: our voices, our pens, our bodies, our spray cans. Faced with rising racism, intolerance, injustice and these attacks, we can no longer remain silent. It is time to stand up and fight. It is time for us, hip-hop activists and lovers, to fight this ideology head-on with our weapons and through our culture.

These 2027 presidential elections are an opportunity for the hip-hop movement to come together, to unite practitioners of every discipline around a common goal: to give hip-hop back its social and political role. Beyond the elections, our movement has a choice: either keep writing its history or shut itself away in silence in the face of the country's emergencies. French hip-hop, like France itself, is at a turning point in its history.

“Each generation must, out of relative obscurity, discover its mission, fulfil it, or betray it.”Frantz Fanon

IV. Our fights

Hip-hop has always had this social role of passing things on and supporting young people, through the practice of its disciplines but also through education and the transmission of values: “Each One, Teach One”. That is why the collective supports all social movements and collectives in struggle around the world, and young people in particular, whose high-school movement in France is bringing back hope in the fight. More than ever, our aim is to stand by young people in their demands and give them all the support they need to free themselves.

The collective also fights alongside women, gender minorities and LGBTQ+ people who demonstrate for their rights and against sexist and sexual violence and harassment. We condemn all such violence, whoever commits it, including within our own movement. Because we do not look away: misogyny exists in hip-hop too, and fighting it is part of our responsibility. Women have been there from the very beginning, as dancers, DJs, graffiti artists and MCs, and this movement was built thanks to them too.

We also see this fight in the context of a society that stigmatises hip-hop and reduces it to misogyny. The rap industry, and a large share of productions, platforms and mainstream media, prefer to spotlight backward, sexist and consumerist messages, drawing some young people into self-destructive patterns: easy money, violence, contempt for oneself and for others. Meanwhile, artists who carry messages and values that could help heal our sick society remain in the shadows.

Hip-hop has always been a unifying, avant-garde, humanist and spiritual movement, in the sense that it often gives meaning to the lives of those who practise it. It has raised awareness, brought men and women together, and transcended differences of class, colour and belief. Hip-hop saves lives every day.

We are living through a historic moment for humanity. What we are going through goes beyond France's borders: the threats are everywhere. Racism and xenophobia have conquered territories and hearts all over the world, from the United States to Italy and, more recently, Germany. We stand with those who keep opposing them despite repression. All over the world, and especially in France, the far right is organising fast: we must do the same, because our cause is just, and that is why we will win. “Dare to struggle, dare to win.”

We are a concentrate of every struggle for emancipation, past and present: from young people in France's working-class neighbourhoods to the people of the overseas territories, farmers, people in rural areas, the children of Gaza, minorities, and women who keep fighting for their rights, here and elsewhere.

“Tomorrow's world, whatever happens, belongs to us, the power is in our hands, so listen to this chorus…”Kool Shen (NTM)

V. Resolutions

An essential part of the fight is also waged at the ballot box. In 2027, the presidential election and the legislative elections that follow will be decisive. Voting is not only a right, it is a responsibility. We will vote for ourselves, but also for those who cannot: foreigners who live, work and pay taxes here without the right to vote, and people deprived of their civic rights. We will vote for our parents, who built this country, and for our children, who will inherit it. We must push the members of our families and those around us to vote, and help them understand why it matters. The last municipal elections showed what a decisive force we are, when many mayors from working-class neighbourhoods, active in their communities, were elected on citizens' lists.

On this point, we refuse the exploitation and co-opting of the hip-hop movement by any political party whatsoever. From parties that claim to be on the left or to fight for social justice, we demand real commitment, in words and in deeds: in particular, institutional and political recognition of hip-hop culture, strong support for those who carry it and for the practice of its various disciplines, and for artists with humanist values who make this culture great and who spread positive, progressive images through their work. We also ask them to recognise France's colonial and post-colonial history. At the same time, we demand a strong commitment to working-class neighbourhoods and their residents in every area where action is urgent: education, housing, access to public services, safety, culture, a commitment to be built with local actors: associations, collectives and residents.

Yet our fight does not stop at voting or at the 2027 elections alone. In the medium and long term, our ambition is to build an essential collective of hip-hop actors, able to weigh in the national debate and to establish itself as a force serving our culture and its humanist and progressive values.

We call on all organisations and individuals who claim to be part of hip-hop, who run dance schools, organise events, concerts, rap and dance battles, graffiti sessions or anything else, to take up this fight and organise awareness-raising and debates on the importance of this struggle in their daily work and at their events, and to encourage the creation and circulation of works that resonate with this historic fight.

We call on all so-called hip-hop media (radio, web, social media, newspapers) to relay, inform and organise the fight against racism. Every contribution counts; the support of every artist, from the new school or the old, is essential to fight the RN and all the identitarian and racist groups spreading these backward and ultra-violent ideas. We are a unique culture whose special quality is its social impact and its ability to empower the residents of working-class neighbourhoods: we must imagine new forms of mobilisation and outreach to carry this fight everywhere in the country, and create relays in every region of France and its overseas territories.

Conclusion

We are a force. We represent French hip-hop; we represent France. DJs, b-girls, b-boys, graffiti writers, beatboxers, rappers, dancers, activists, journalists, artists, filmmakers, photographers, producers: the time has come to unite once again, to put aside the egos and the disputes that have divided us or still divide us, and to move forward together to make our voices heard and “dare to invent the future”.

Let us multiply gatherings, events and creations, and mobilise by any means necessary to make our voices resonate even in the hearts of those whose ideas are corrupted by fear, ignorance and hatred…

Peace, Love & Unity

Nous, artistes, activistes, amatrices et amateurs, passionné·es de culture hip-hop. Nous sommes une force, nous représentons le Hip-Hop français, nous représentons la France. Multiplions les rassemblements, les événements et les créations, mobilisons-nous par tous les moyens nécessaires contre l'extrême droite, pour faire résonner nos voix jusque dans les cœurs de ceux dont les idées sont corrompues par la peur, l'ignorance et la haine.

Nous venons de partout : des grandes villes comme des campagnes, des quartiers populaires, des Outre-mer comme des zones rurales. Nous sommes de toutes origines, de toutes confessions ou d'aucune. Notre culture s'est construite sur le rassemblement, le partage et la tolérance, jamais sur l'exclusion. Notre humanisme est notre identité et notre force.

À l'approche de la présidentielle de 2027, il devient urgent de mettre cette force au service du combat contre l'idéologie raciste qui gangrène notre société, et contre le danger de l'accession du RN au pouvoir.

Notre arme, c'est notre art.

Nos voix, nos stylos, nos corps, nos bombes de peinture. Face à la montée du racisme, nous ne pouvons plus rester silencieux. Il est temps d'engager le rapport de force.

J'aimerais rejoindre le mouvement

We, artists, activists, amateurs and lovers of hip-hop culture. We are a force: we represent French hip-hop, we represent France. Let us multiply gatherings, events and creations, and mobilise by any means necessary against the far right, to make our voices resonate even in the hearts of those whose ideas are corrupted by fear, ignorance and hatred.

We come from everywhere: big cities and the countryside, working-class neighbourhoods, the overseas territories and rural areas. We are of every origin, of every faith or none. Our culture was built on gathering, sharing and tolerance, never on exclusion. Our humanism is our identity and our strength.

With the 2027 presidential election approaching, it is urgent to put this strength to work against the racist ideology eating away at our society, and against the danger of the RN, France's far-right party, coming to power.

Our weapon is our art.

Our voices, our pens, our bodies, our spray cans. Faced with rising racism, we can no longer stay silent. It is time to stand up and fight.

I'd like to join the movement

Notre histoire

Nous ne sommes pas un accident de l'histoire de France. Nous en sommes une conséquence directe et assumée.

Pendant plus de quatre siècles, la France a colonisé l'Afrique du Nord, l'Afrique subsaharienne, les Antilles et l'Indochine. Pendant les Trente Glorieuses, elle a fait appel massivement à l'immigration pour faire tourner ses usines, et a construit les grands ensembles pour loger ces travailleurs.

C'est dans ces cités qu'est née la culture hip-hop française, portée en grande partie par les enfants de cette immigration. À ceux qui parlent de « grand remplacement », nous opposons les faits : le « Français de souche » est une invention politique, pas une réalité historique.

« Nous ne pouvons laisser à nos seuls ennemis d'hier et d'aujourd'hui le monopole de la pensée, de l'imagination et de la créativité ! »

Thomas Sankara
Je signe !

Our history

We are not an accident of French history. We are its direct and acknowledged consequence.

For more than four centuries, France colonised North Africa, sub-Saharan Africa, the Caribbean and Indochina. During the post-war boom, it relied massively on immigration to run its factories, and built large housing estates to house these workers.

It was in these estates that French hip-hop culture was born, carried largely by the children of that immigration. To those who talk about a “great replacement”, we answer with facts: the “native French” is a political invention, not a historical reality.

“We cannot leave to our enemies of yesterday and today the monopoly of thought, imagination and creativity!”

Thomas Sankara
I sign!

Nos combats

“Each One, Teach One”

Le hip-hop a toujours eu cette fonction sociale de transmettre et d'accompagner la jeunesse, à travers la pratique de ses disciplines, mais également par l'éducation et la transmission de valeurs. Nous sommes un concentré de toutes les luttes d'émancipation d'hier et d'aujourd'hui : de la jeunesse des quartiers de France aux habitants des Outre-mer, en passant par les agriculteurs, les enfants de Gaza, les minorités et les femmes qui continuent de lutter pour leurs droits et contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels.

Contre la fabrique de la haine

Chaînes d'info en continu, magazines, concentration des médias entre les mêmes mains : quand des médias deviennent des machines de propagande, ce n'est plus la liberté d'expression qui est en jeu, mais la fabrique du consentement à la haine.

Contre un racisme structurel

Adama Traoré, Théo Luhaka, Nahel Merzouk. Contrôles au faciès, violences documentées, groupes de policiers racistes révélés par StreetPress : ce ne sont pas quelques brebis galeuses, c'est un racisme qui traverse l'institution.

Pour une culture libre

Là où le RN dirige des villes, spectacles et concerts sont annulés parce qu'ils ne seraient pas « assez français ». Artistes hip-hop, associations et cultures urbaines seront parmi les premiers à subir la censure.

« Le monde de demain, quoi qu'il advienne nous appartient, la puissance est entre nos mains… »

Kool Shen (NTM)

S'organiser, agir ensemble

L'extrême droite s'organise : faisons de même. Rassemblons-nous, multiplions les actions (événements, rassemblements, créations) et les collaborations entre disciplines, crews, associations et territoires. Chaque initiative portée par les acteurs et actrices du mouvement Hip-Hop mérite d'être vue et partagée par le plus grand nombre : c'est ensemble que nous la mettrons en lumière.

Proposer une action · Voir l'agenda

Le vote comme arme

En 2027, la présidentielle puis les législatives seront décisives. Nous voterons pour nous, pour celles et ceux qui ne le peuvent pas, pour nos parents qui ont bâti ce pays et pour nos enfants qui en hériteront.

Sans récupération

Nous refusons l'instrumentalisation du mouvement hip-hop par quelque parti que ce soit. Aux partis de gauche, nous demandons un engagement réel : la reconnaissance de la culture hip-hop et un soutien à ses acteurs, la reconnaissance de l'histoire coloniale et post-coloniale de la France et un engagement fort pour les habitants des quartiers.

« Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. »

Frantz Fanon
Convaincu·e ?

Our fights

“Each One, Teach One”

Hip-hop has always had this social role of passing things on and supporting young people, through the practice of its disciplines but also through education and the transmission of values. We are a concentrate of every struggle for emancipation, past and present: from young people in France's working-class neighbourhoods to the people of the overseas territories, farmers, the children of Gaza, minorities and women who keep fighting for their rights and against sexist and sexual violence and harassment.

Against the hate factory

24-hour news channels, magazines, media concentrated in the same hands: when media become propaganda machines, what is at stake is no longer freedom of expression, but the manufacturing of consent to hatred.

Against structural racism

Adama Traoré, Théo Luhaka, Nahel Merzouk. Racial profiling, documented violence, racist police groups exposed by StreetPress: this is not a few bad apples, it is racism running through the institution.

For a free culture

Where the RN runs towns, shows and concerts are cancelled for not being “French enough”. Hip-hop artists, associations and urban cultures will be among the first to be censored.

“Tomorrow's world, whatever happens, belongs to us, the power is in our hands…”

Kool Shen (NTM)

Organise, act together

The far right is organising: so must we. Let us come together and multiply actions (events, rallies, creations) and collaborations between disciplines, crews, associations and regions. Every initiative carried by the women and men of the hip-hop movement deserves to be seen and shared as widely as possible: together, we will put it in the spotlight.

Propose an action · See the calendar

The vote as a weapon

In 2027, the presidential and then the legislative elections will be decisive. We will vote for ourselves, for those who cannot, for our parents who built this country and for our children who will inherit it.

No co-opting

We refuse to let any political party exploit the hip-hop movement. From left-wing parties, we demand real commitment: recognition of hip-hop culture and support for those who carry it, recognition of France's colonial and post-colonial history, and strong commitment to the people of working-class neighbourhoods.

“Each generation must, out of relative obscurity, discover its mission, fulfil it, or betray it.”

Frantz Fanon
Convinced?

Une voix commune

DJs, b-girls, b-boys, graffeurs, beatboxeurs, rappeurs, rappeuses, danseurs, danseuses, activistes, journalistes, écrivains, producteurs, cinéastes, photographes : le temps est venu de nous unir à nouveau, de mettre de côté les égos et d'avancer ensemble pour « oser inventer l'avenir ».

Multiplions les rassemblements, les événements et les créations, mobilisons-nous par tous les moyens nécessaires contre l'extrême droite.

A common voice

DJs, b-girls, b-boys, graffiti writers, beatboxers, rappers, dancers, activists, journalists, writers, producers, filmmakers, photographers: the time has come to unite again, to put egos aside and move forward together to “dare to invent the future”.

Let us multiply gatherings, events and creations, and mobilise by any means necessary against the far right.

Rejoignez le mouvement

Ce manifeste est porté par le collectif Hiphop Mouvement et Résistance. Il a besoin de grandir, dans toutes les disciplines, dans toutes les régions de France et d'Outre-mer.

Signer, c'est mettre son nom. Dis-nous aussi ce que tu peux organiser, ce à quoi tu veux participer et comment tu peux mobiliser autour de toi : si tu le souhaites, le collectif te recontacte pour monter les actions avec toi, sinon n'hésite pas à partager ici les infos à propos des actions que tu mènes et nous les publierons dans le calendrier du collectif.

Signez. Organisez. Relayez. Votez. Mobilisez.

Join the movement

This manifesto is carried by the collective Hiphop Mouvement et Résistance. It needs to grow, across every discipline, in every region of France and its overseas territories.

Signing means putting your name down. Tell us too what you can organise, what you want to take part in and how you can mobilise people around you: if you wish, the collective will get back to you to build actions together; otherwise, feel free to share here the details of the actions you are running and we will publish them in the collective's calendar.

Sign. Organise. Share. Vote. Mobilise.

Qui suis-je ?

Ton e-mail n'est jamais affiché ni transmis : il reste réservé au collectif qui gère le site. Données personnelles

Discipline(s) ou rôle(s)

Coche tout ce qui te correspond.

Ils et elles ont signé

Les premières signatures arrivent. Sois parmi les premiers noms.

    Agenda du mouvement

    Débats, jams, concerts, fresques, ateliers, rassemblements : les dates proposées par les signataires, partout en France et dans les Outre-mer.

    Movement events

    Debates, jams, concerts, murals, workshops, rallies: the dates proposed by signatories, all over France and its overseas territories.

    Aucune date pour l'instant. Propose la première !

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    Les sources

    Articles de presse, décisions de justice, rapports officiels, écrits, vidéos, émissions de radio : les documents sur lesquels s'appuient les faits cités dans le manifeste. La liste s'enrichit au fil du temps.

    Sources

    Press articles, court rulings, official reports, writings, videos, radio shows: the documents behind the facts cited in the manifesto. The list keeps growing.

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